Devenir

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L’hypnose actuelle et la terreur médiatique entretenues portent les humains à croire que ce virus va les tuer, la peur les tient. Enfumage des idées et mensonges des états qui ne disent pas que 50000 lits ont été retirés (en Belgique) depuis 2000 et que chaque année à cette époque, les soins intensifs explosent. On le voit depuis quelques années, l’esprit critique ainsi que le rapport à la vérité s’estompent pour laisser place à des opinions vides et à des réponses immédiates sans fondement. Mais ce qui est vraiment grave avec cette deuxième vague qui n’a surtout de vague que son flux et reflux d’informations médiocres et anxiogènes – qui comme toute information fonctionne comme un mot d’ordre -, c’est qu’elle laisse sur la plage tous les acteurs essentiels d’une communauté humaine : les artistes, les enseignants, les restaurateurs, tout ce qui est soit disant non essentiel.

Nous savons que l’immunité et la santé psychique demandent à ce que l’humain puisse ouvrir son esprit à ce qui le porte plus loin et son âme à ce qui vibre pour ne pas faiblir et s’affaiblir. La dictature sanitaire réduit l’homme au biologique et l’éloigne du vivant pour le laisser se sécher derrière un écran. Si le théâtre, la musique, la danse, la peinture, la poésie, les grands textes, …sont subversifs, c’est parce qu’ils ouvrent à la vastitude. Le théâtre vivant, en salle, dans ce corps à corps unique entre acteur et spectateur a le pouvoir de transformer nos visions du monde en les bousculant parfois jusqu’au scandale si cher à Pasolini.

Je pleure l’humanité qui semble se soumettre encore plus à la dictature du corps sans âme et aux lobbies sans état d’âme face à sa disparition. Si ce virus parlait, il nous dirait : levez vous, marcher et respirer, la vie est un risque comme l’amour, et ce risque est justement possible si notre vigilance gardienne de la maîtrise rend les armes pour nous ouvrir à ce que nous ne savons pas. Ce qui ne veut pas dire prendre des risques insensés. Nous ne sommes pas des enfants, nous pouvons prendre nos responsabilités face à ce virus. Mais les enjeux financiers des firmes pharmaceutiques, toutes soutenues par Bill Gates, font monter les bourses en flèche et les riches sont encore plus riches… Pendant ce temps ceux qui résistent parce qu’ils créent n’ont plus de place, plus de spectateurs prêts à se laisser bouleverser.

Seul l’art résiste à la mort, seuls les artistes, les philosophes, les psychanalystes ouvrent des espaces de penser, pensées à venir, en devenir… Pensées qui cherchent à se dire ou à se taire ou à créer un nouveau concept, une nouvelle voie, ou voix, une urgence à dire, à écrire, à peindre, à danser, à chanter, à jouer pour continuer de se regarder comme un humain, pour s’entendre parler, pour s’écouter voir, ou se voir parler ou s’entendre regarder, de loin ou de près, pour ne pas perdre le fil de la vie, le fil des mots, le fil du vivant, le fil du temps oui du temps qu’il nous reste ou juste toucher, toucher du bout des doigts ce qui peut changer le cours d’une vie… L’art !

Pascale Champagne, psychanalyste.

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